Nous voilà déjà au dernier jour du mois de MAI, je n'ai pas vu ce mois passer! Dans une semaine c'est Annecy (oui oui je sais je radote ^^). Déjà plus de 100 messages sur ce blog aussi, youhou!!! Le Ru avance toujours mais un peu au ralenti car en ce moment je valide mes derniers UV pour le Master. D'ailleurs j'ai croqué une des prof :
31 mai 2009
24 mai 2009
L'Art émancipé!
Les films de Monique Renault
Cycle sur la réalisatrice - Centre Georges Pompidou - 15 Mai 20h
Chaque mois apporte son lot de découvertes et de projections animées toujours intéressantes. J'ai pu ainsi découvrir le travail de Monique Renault, dont j'avais vu très peu de films, grâce au cycle que la BPI lui consacrait. Je n'ai pu faire qu'une seule séance, mais quelle séance!
Cette personnalité atypique du cinéma d’animation a été remarquée en 1972, lorsque son film Psychoderche passe en première partie de La Grande bouffe. Après ce premier succès public, Monique poursuit ses travaux avec le cinéaste Peter Földes et l'atelier AAA du créateur des Shadoks, Jacques Rouxel, sans trouver d'aides publiques pour faire ses propres projets indépendants, jugés trop engagés, trop féministes, trop antimilitaristes, trop anticléricaux... L'aide, le respect et la compréhension, c’est aux Pays-Bas qu’elle les reçoit où elle émigre après un détour par la Suisse. Dans cette seconde patrie, elle réalise l'essentiel de sa filmographie, soit près d'une vingtaine de courts métrages et de films de commande, ainsi que plusieurs films d'ateliers avec des enfants.
La BPI a une nouvelle fois très bien fait les choses en éditant un petit catalogue gratuit et très agréable sur les séances (5 au total, dont ses films d'ateliers et une carte blanche) et en commanditant une bande-annonce sur l'évènement, réalisé par Monique et Anne Viel, et qui nous donne un très bon aperçu du travail de l'artiste.
J'ai donc pu voir pas moins de 14 court-métrage de Monique Renault pendant cette soirée... et j'ai été enchantée! Dès Psychoderche, le ton est donné. Une femme se verni les pieds avant de mettre un bon coup de pied au cul d'un homme, le tout en 1mn30. A la vôtre reprend la même histoire en 30s de plus et montre une géante jouant avec un mini superman... Féministes, mais aussi anti-militaristes et anti-cléricaux, les films s'enchainent et la technique évolue. D'abord sur cellulo, les dessins s'animent ensuite sur papier au crayon de couleur, avec un dynamisme saisissant et un sens de la caricature, comme dans le célèbre Pas à deux dans lequel des couples de personnages célèbres se font et se défont sur plusieurs danses emblématiques.
Les films sont très souvent courts, percutants. Une alliance sur une main symbolisant le mariage puis la séparation (L'alliance - 2mn05). Le discours officiel de l'Eglise sur les femmes à travers les siècles (In nomine domini - 4mn). Une chanson contre les armes nucléaires (Weg Ermee! Dehors - 2mn30). Un seul dépasse les 10 minutes et mélange dessins et photos. Blijf van mijn lifj (Bas les pattes) est un message émouvant conçu pour accompagner les débats dans le cadre d'une campagne institutionnelle de sensibilisation au problème des femmes battues. Monique Renault a ainsi participé à de nombreux films de commandes pour la télé néerlandaise et disposait d'une heure par mois pour exprimer ses idées (comment ne pas l'envier?). Elle a ainsi pu vivre de son Art, ce qui est très rare dans le domaine de l'animation d'auteur, et qui renforce sa particularité. Une de ses commande, souvent connue, est La Donna E Mobile extrait de L'opéra imaginaire qui fut à l'époque commandité par la 5e chaine.
Holy Smoke, son dernier court-métrage, rassemble les souvenirs d'une femme sur fond de cigarettes en traversant les différents styles (et époques) que Monique a pu utiliser lors de ses précédents films. Il clôt admirablement bien la séance, bien que l'on regrette que l'artiste ai arrêté de faire des films. Lors de la séance de questions-réponses, Monique demanda au public si ses films, empeignés du combat des femmes pour l'émancipation, n'étaient pas un peu datés. Ce sur quoi plusieurs personnes du public lui assurèrent que non, et qu'aujourd'hui encore tout était à refaire. Et Monique de rétorquer que c'était à nous, la jeune génération, de reprendre le relais. Elle pense aussi qu'avec internet il est maintenant plus facile de communiquer nos points de vue. C'est vrai, nous sommes libres d'écrire ce que l'on veux, de poster ce que l'on veux... Mais la visibilité via internet est particulière et le manque d'argent est toujours très présent. Continuer le combat de Monique, voilà tout de même un bien beau défi :)
Le site de Monique dans lequel vous pourrez voir des extraits de ses films
Merci à Mette Peters pour les photos
Cycle sur la réalisatrice - Centre Georges Pompidou - 15 Mai 20h
Chaque mois apporte son lot de découvertes et de projections animées toujours intéressantes. J'ai pu ainsi découvrir le travail de Monique Renault, dont j'avais vu très peu de films, grâce au cycle que la BPI lui consacrait. Je n'ai pu faire qu'une seule séance, mais quelle séance!
Cette personnalité atypique du cinéma d’animation a été remarquée en 1972, lorsque son film Psychoderche passe en première partie de La Grande bouffe. Après ce premier succès public, Monique poursuit ses travaux avec le cinéaste Peter Földes et l'atelier AAA du créateur des Shadoks, Jacques Rouxel, sans trouver d'aides publiques pour faire ses propres projets indépendants, jugés trop engagés, trop féministes, trop antimilitaristes, trop anticléricaux... L'aide, le respect et la compréhension, c’est aux Pays-Bas qu’elle les reçoit où elle émigre après un détour par la Suisse. Dans cette seconde patrie, elle réalise l'essentiel de sa filmographie, soit près d'une vingtaine de courts métrages et de films de commande, ainsi que plusieurs films d'ateliers avec des enfants.
La BPI a une nouvelle fois très bien fait les choses en éditant un petit catalogue gratuit et très agréable sur les séances (5 au total, dont ses films d'ateliers et une carte blanche) et en commanditant une bande-annonce sur l'évènement, réalisé par Monique et Anne Viel, et qui nous donne un très bon aperçu du travail de l'artiste.
J'ai donc pu voir pas moins de 14 court-métrage de Monique Renault pendant cette soirée... et j'ai été enchantée! Dès Psychoderche, le ton est donné. Une femme se verni les pieds avant de mettre un bon coup de pied au cul d'un homme, le tout en 1mn30. A la vôtre reprend la même histoire en 30s de plus et montre une géante jouant avec un mini superman... Féministes, mais aussi anti-militaristes et anti-cléricaux, les films s'enchainent et la technique évolue. D'abord sur cellulo, les dessins s'animent ensuite sur papier au crayon de couleur, avec un dynamisme saisissant et un sens de la caricature, comme dans le célèbre Pas à deux dans lequel des couples de personnages célèbres se font et se défont sur plusieurs danses emblématiques.
Les films sont très souvent courts, percutants. Une alliance sur une main symbolisant le mariage puis la séparation (L'alliance - 2mn05). Le discours officiel de l'Eglise sur les femmes à travers les siècles (In nomine domini - 4mn). Une chanson contre les armes nucléaires (Weg Ermee! Dehors - 2mn30). Un seul dépasse les 10 minutes et mélange dessins et photos. Blijf van mijn lifj (Bas les pattes) est un message émouvant conçu pour accompagner les débats dans le cadre d'une campagne institutionnelle de sensibilisation au problème des femmes battues. Monique Renault a ainsi participé à de nombreux films de commandes pour la télé néerlandaise et disposait d'une heure par mois pour exprimer ses idées (comment ne pas l'envier?). Elle a ainsi pu vivre de son Art, ce qui est très rare dans le domaine de l'animation d'auteur, et qui renforce sa particularité. Une de ses commande, souvent connue, est La Donna E Mobile extrait de L'opéra imaginaire qui fut à l'époque commandité par la 5e chaine.
Holy Smoke, son dernier court-métrage, rassemble les souvenirs d'une femme sur fond de cigarettes en traversant les différents styles (et époques) que Monique a pu utiliser lors de ses précédents films. Il clôt admirablement bien la séance, bien que l'on regrette que l'artiste ai arrêté de faire des films. Lors de la séance de questions-réponses, Monique demanda au public si ses films, empeignés du combat des femmes pour l'émancipation, n'étaient pas un peu datés. Ce sur quoi plusieurs personnes du public lui assurèrent que non, et qu'aujourd'hui encore tout était à refaire. Et Monique de rétorquer que c'était à nous, la jeune génération, de reprendre le relais. Elle pense aussi qu'avec internet il est maintenant plus facile de communiquer nos points de vue. C'est vrai, nous sommes libres d'écrire ce que l'on veux, de poster ce que l'on veux... Mais la visibilité via internet est particulière et le manque d'argent est toujours très présent. Continuer le combat de Monique, voilà tout de même un bien beau défi :)
Le site de Monique dans lequel vous pourrez voir des extraits de ses films
Merci à Mette Peters pour les photos
22 mai 2009
21 mai 2009
17 mai 2009
7 mai 2009
Des long-métrages qui font plaisirs aux noeils
Ces deux dernières semaines je suis allé 3 fois au cinéma pour voir des long-métrages animés, chose qui ne m'était pas arrivé depuis longtemps, moi qui suis habituée à voir des courts, et encore des courts.
J'ai bien sûr commencé avec le dernier Miyazaki Ponyo sur la falaise, qui m'a réconcilié avec le maître (je n'avais en effet pas apprécié les deux derniers, préférant le charme des anciens). Et tout de suite, dès les premières minutes, je suis servie. Un vrai plaisir pour les yeux... du traditionnel! Des aquarelles! De la belle anim'! Des personnages attachants... surtout Ponyo qui est l'atout majeur du film et qui m'a beaucoup fait pensé à Mei dans Mon voisin Totoro. C'est beau, on se laisse facilement emporter par l'histoire, très très agréable... malgré quelques grosses ellipses à la fin du film qui m'ont gêné et une "résolution" également un peu trop rapide à mon goût.
Deuxième film qui me faisait énormément envie quand je passais devant les affiches placardées dans le métro : Le sens de la vie pour 9$99. Et, aussi bizarre que cela puisse paraître, face aux deux block-busters en puissance que sont le dernier Miyazaki et le dernier Sellick, c'est mon préféré. Ce premier film de Tatia Rosenthal frappe d'abord par sa mise en scène : c'est comme dans un film de prise de vue réelle! Cela pourrait d'ailleurs être de la prise de vue réelle, puisque cela parle de la vie quotidienne de plusieurs personnages habitant dans le même immeuble. Rien de fantastiques (ou presque), simplement du cinéma. Le découpages est brouillon, on passe du petit garçon avec sa tire-lire cochon (haaaaaa troooop bien XD, surtout la scène à l'école) à l'alcoolique qui s'est fait plaqué par sa fiancée et qui voit des potes imaginaires quand il se fume un joint, en passant par le père de famille au bout du rouleau, l'agent de recouvrement amoureux d'une mannequin, le clochard et sa paire d'aile, le vieux qui n'a plus personne à qui parler ou le bon fils chômeur qui cherche justement le sens de la vie. Brouillon oui mais irrémédiablement humain, dans ses émotions, ses détails, ses failles. Je suis sortie enchantée du film, si un jour je fais un long-métrage d'animation c'est précisément ce genre de long que je veux faire.
Il y a de bonne critiques sur la toile, mais souvent les articles mettent en avant une animation rudimentaire ou bancal... Serais-ce à force de voir des films en full 3D? Personnellement je n'ai pas du tout trouver que l'animation pêchait, au contraire je l'ai trouvé très sensible et au service du propos. Par contre il y a de très jolis morceaux sur le pourquoi de l'animation dans le film, je vous cite mon préféré :
Tiré du Monde.fr
Ce recours à un mode d'expression inventé à de toutes autres fins offre un avantage supplémentaire. Le reproche si souvent entendu à la sortie des salles - "Je ne vais pas au cinéma pour retrouver mes soucis quotidiens" - est ici désamorcé. Vous les retrouverez tout au long du film, mais vous les reconnaîtrez à peine, tant ils sont devenus étranges et poétiques.
Le dernier film que j'ai eu la chance de voir en avant-première avec la présence de l'équipe, c'est le très attendu Coraline d'Henry Sellick (déjà réalisateur de L'Etrange Noël de Mr Jack et James et la grosse pêche). Vu au MK2 avec les lunettes en relief, j'ai regretté ces dernières qui m'ont empêché de bien entrer dans le film. Trop de choses à voir, trop de détails, trop de belles animation que l'on aimerait avoir le temps de regarder, mais mon cerveau n'arrivait pas à être en phase avec mes pupilles lol. J'aurais donc aimé le voir pour une première fois sur un écran normal, pour d'abord apprécier l'histoire avant de me focaliser sur la stop-mo, qui me sautait au visage avec les lunettes. Un film que j'aimerais voir et revoir, tant la richesse des images s'avère monstrueuse (il me faut des arrêts sur les plans du dîner, les gâteaux m'ont fait de l'oeil hahaha). Enfin un joli conte fantastique adapté d'une nouvelle de Neil Gaiman sur la fibulanophobie (la peur des boutons, en anglais koumpounophobia, drôle de mot non?) un peu trop prévisible à mon goût, mais qui ravira tous les yeux (quand ils ne sont pas attaqués par du relief agressif). D'ailleurs je me demande si cette technologie est bien nécessaire... Pour faire revenir les spectateurs au cinéma?
J'ai bien sûr commencé avec le dernier Miyazaki Ponyo sur la falaise, qui m'a réconcilié avec le maître (je n'avais en effet pas apprécié les deux derniers, préférant le charme des anciens). Et tout de suite, dès les premières minutes, je suis servie. Un vrai plaisir pour les yeux... du traditionnel! Des aquarelles! De la belle anim'! Des personnages attachants... surtout Ponyo qui est l'atout majeur du film et qui m'a beaucoup fait pensé à Mei dans Mon voisin Totoro. C'est beau, on se laisse facilement emporter par l'histoire, très très agréable... malgré quelques grosses ellipses à la fin du film qui m'ont gêné et une "résolution" également un peu trop rapide à mon goût.
Deuxième film qui me faisait énormément envie quand je passais devant les affiches placardées dans le métro : Le sens de la vie pour 9$99. Et, aussi bizarre que cela puisse paraître, face aux deux block-busters en puissance que sont le dernier Miyazaki et le dernier Sellick, c'est mon préféré. Ce premier film de Tatia Rosenthal frappe d'abord par sa mise en scène : c'est comme dans un film de prise de vue réelle! Cela pourrait d'ailleurs être de la prise de vue réelle, puisque cela parle de la vie quotidienne de plusieurs personnages habitant dans le même immeuble. Rien de fantastiques (ou presque), simplement du cinéma. Le découpages est brouillon, on passe du petit garçon avec sa tire-lire cochon (haaaaaa troooop bien XD, surtout la scène à l'école) à l'alcoolique qui s'est fait plaqué par sa fiancée et qui voit des potes imaginaires quand il se fume un joint, en passant par le père de famille au bout du rouleau, l'agent de recouvrement amoureux d'une mannequin, le clochard et sa paire d'aile, le vieux qui n'a plus personne à qui parler ou le bon fils chômeur qui cherche justement le sens de la vie. Brouillon oui mais irrémédiablement humain, dans ses émotions, ses détails, ses failles. Je suis sortie enchantée du film, si un jour je fais un long-métrage d'animation c'est précisément ce genre de long que je veux faire.
Il y a de bonne critiques sur la toile, mais souvent les articles mettent en avant une animation rudimentaire ou bancal... Serais-ce à force de voir des films en full 3D? Personnellement je n'ai pas du tout trouver que l'animation pêchait, au contraire je l'ai trouvé très sensible et au service du propos. Par contre il y a de très jolis morceaux sur le pourquoi de l'animation dans le film, je vous cite mon préféré :
Tiré du Monde.fr
Ce recours à un mode d'expression inventé à de toutes autres fins offre un avantage supplémentaire. Le reproche si souvent entendu à la sortie des salles - "Je ne vais pas au cinéma pour retrouver mes soucis quotidiens" - est ici désamorcé. Vous les retrouverez tout au long du film, mais vous les reconnaîtrez à peine, tant ils sont devenus étranges et poétiques.
Le dernier film que j'ai eu la chance de voir en avant-première avec la présence de l'équipe, c'est le très attendu Coraline d'Henry Sellick (déjà réalisateur de L'Etrange Noël de Mr Jack et James et la grosse pêche). Vu au MK2 avec les lunettes en relief, j'ai regretté ces dernières qui m'ont empêché de bien entrer dans le film. Trop de choses à voir, trop de détails, trop de belles animation que l'on aimerait avoir le temps de regarder, mais mon cerveau n'arrivait pas à être en phase avec mes pupilles lol. J'aurais donc aimé le voir pour une première fois sur un écran normal, pour d'abord apprécier l'histoire avant de me focaliser sur la stop-mo, qui me sautait au visage avec les lunettes. Un film que j'aimerais voir et revoir, tant la richesse des images s'avère monstrueuse (il me faut des arrêts sur les plans du dîner, les gâteaux m'ont fait de l'oeil hahaha). Enfin un joli conte fantastique adapté d'une nouvelle de Neil Gaiman sur la fibulanophobie (la peur des boutons, en anglais koumpounophobia, drôle de mot non?) un peu trop prévisible à mon goût, mais qui ravira tous les yeux (quand ils ne sont pas attaqués par du relief agressif). D'ailleurs je me demande si cette technologie est bien nécessaire... Pour faire revenir les spectateurs au cinéma?
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