22 octobre 2009

Jean-Loup Felicioli / Alain Gagnol

Première carte blanche de la saison au forum. J'avoue que j'allais à cette séance un peu à reculons... En effet je ne connaissais que les derniers films du duo et je n'accrochais alors pas à leur univers. Heureusement qu'il existe ces séances pour nous faire changer d'avis! Comme d'habitude la séance se faisait sur deux parties et la première présentait leurs influences. Et les présentait déjà eux! Qui sont donc Alain Gagnol et Jean-Loup Felicioli? Un scénariste et un graphiste, deux personnes complèmentaires qui se sont trouvés au studio Folimage où ils travaillaient déjà séparément. Jean-Loup Felicioli voulait devenir artiste, a fait des films en volume, puis a rencontré Alain Gagnol qui avait alors publié un roman. Ils se sont plus... et après quelques court-métrages et des années de collaboration, ils sortiront bientôt un long-métrage très attendu, Une vie de chat, dont on a pu voir quelques images... Et qui donnent sacrément envie de voir la suite!

Mais revenons à la séance. Séance bien mouvementée, je n'avais jamais vu ça depuis que je fréquente le forum. Il y a toujours une ou deux personnes grognons avec des questions inintéressantes en fin de séance, mais là nous avions deux beaux specimens de personnes s'étant égarés dans cette séance dédiée à l'animation. Ça interrompait le dialogue entre Isabelle Vanini et ses invités, ça bougonnait, ça disait de parler plus fort, ça ne comprenait pas pourquoi on passait de la prise de vue réelle alors qu'on était dans une séance de dessin animés ("bah oui quoi, je connais la Nuit du chasseur moi Madame"), ça voulait décidément beaucoup parler ("yen a que pour les invités, c'est un monologue, et le public alors! On se croirait dans les années 70!!!") et ça a même relancé le vieux débat sur l'animation pour enfant ou pour adulte... Et décidément ça ne respectait pas beaucoup les autres... J'espère que ces messieurs auront la bonne idée de tirer un trait sur ces séances bien trop étranges pour eux, et qu'ils nous laisseront tranquille pour une prochaine fois.

Il y avait bien La Nuit du chasseur dans leurs références, pour l'aspect très graphique du film et l'ambiance qui s'en dégageait. Mais il y eu aussi des extraits des Locataires de Kim Ki-duk, de Huit et demi de Federico Fellini et de Mulholland Drive de David Lynch. Choix finalement peu habituels pour des auteurs d'animation, qui démontrent un véritable questionnement sur la réalisation, les cadrages, la mise en scène. Bien sûr à côté nous avions quelques classiques comme L'homme qui plantait des arbres de Frédéric Back ou The Village de Mark Baker, mais globalement dans cette première partie les deux invités ne nous ont pas parlé de la technique. Mais de cinéma. Et ça fait du bien! Dans cette première parti on a pu aussi retenir quelques points clés sur le travail du duo. Ambiance donc, mais aussi voix off, côté littéraire, univers adulte et humour noir. Tous les ingrédients que l'on retrouve dans leur premier court-métrage, l'Egoïste.

Farce grotesque sur l’égoïsme humain poussé à l’absurde. Le ton est donné! Et ce sera un dessin, non en volume comme c'était précédemment prévu. Avec un graphisme marqué et reconnaissable, assez simple, à la Modigliani. Dès lors, Jean-Loup Felicioli et Alain Gagnol ne cesseront d'explorer leur univers. Tout d'abord à travers la série des Tragédies Minuscules, avec des épisodes courts mais efficaces, souvent drôles, ancré dans le quotidien. Cette collection de 10 films sont empreint de réalisme, ils font part de moments suspendus dans le cours d'une vie, de petits tracas, d'angoisses profondes. La voix off, toujours masculine, emmène le spectateur au fil des pensées et des émotions des personnages.









Après cette expérience, ils firent Le nez à la fenêtre, forcément un des court-métrage que je préfère dans leurs productions, puisqu'il s'agit de ... chocolat :). Le film commence à ce qui semble être la fin de la vie d'un personnage. Un événement tragique que nous ignorons a bouleversé son existence. Il se laisse mourir, petit à petit, ayant perdu tout intérêt pour la vie, nu sur son lit. Et c’est un parfum entêtant qui le force à se mettre debout... Le style Gagnol/Felicioli reste le même, mais avec quelques innovations. Ici les décors sont travaillés différemment, à la peinture, pour un rendu très beau.

Ensuite ce fut Le couloir, qui débute avec la phrase suivante : "Les chinois ont une théorie qui dit que l'ennui mène à la fascination." J'accroche moins à ce court-métrage ci. En fait je ne comprend pas ce film, je ne comprend pas la fin, je n'arrive pas à être touchée. L'idée est intéressante, mais le film m'ennuie lol. Peut-être étais-ce l'effet recherché? C'est le plus long des films du duo, il dure 16 minutes alors qu'auparavant cela faisait 4/5 minutes maximum. Et c'est la première fois qu'il y a l'absence d'une voix off. Ils ont donc dû renouvelé la mise en scène, se poser des questions nouvelles. Cette évolution dans une carrière aussi fournie que la leur est bien sûre naturelle et intéressante, mais je remarque que j'aime moins leurs films à partir de ces changements. Pour Mauvais temps c'est encore pire, si j'ose dire. Pour celui-ci, ils sont passés au noir et blanc, sans paroles. Il s'agit d'une course-poursuite entre un homme et ses agresseurs, lors d'une nuit de tempête. C'est bien rythmé, c'est toujours plaisant graphiquement, mais l'histoire... me laisse vraiment perplexe.

Mais ne partons pas sur une note négative! En effet j'aime moins les deux derniers courts du duo, mais les images de leur long-métrage en préparation sont très très alléchantes! Là encore ils changent des ingrédients de leur recette puisqu'il s'agit d'une histoire plutôt pour enfants, mais qui je pense ravira aussi bien les adultes. En tout cas moi j'attends 2011 avec impatience!

Petit rappel pour ceux qui voudraient en voir plus : le dvd de tous leurs court-métrages intitulé PRIS DE COURTS, est disponible chez toutes les bonnes boutiques (comme Mr HEEZA ou Chalet Films ^^)

1 commentaire:

Tony a dit…

C'était vraiment une séance de misanthrope, j'ai compris ça quand j'ai su qu'on allait voir (revoir) l'homme qui plantait des arbres... en plus je n'aime pas beaucoup ce type de graphisme (j'appelle ça le graphisme astrapi parce que ça me rappelle certains magazines pour enfant que je lisais). Par contre j'ai apprécié les décors du truc avec le chocolat...