17 février 2009

Soirée Joanna Quinn - Partie2

Je suis revenue juste à temps de ma pause miam express pour le début de la séance suivante, celle de 21H, consacrée aux œuvres de notre invitée. Nous n'aurons pas la chance de voir son tout premier film, Superdog, qu'elle a réalisé lors de ses études d'arts graphiques, et qui aurait peut-être pu nous montrer que l'on commence toujours au plus bas... car dès le film suivant, Girls' Night Out c'est le succès. Trois prix à Annecy, ce court métrage la fait d’emblée connaître sur la scène internationale de l’animation. Wah...petit rire nerveux XD. Ensuite elle dit avoir eu la chance de tomber au bon moment, lorsque la chaîne de TV britannique Channel 4 donnait des sous pour le cinéma indépendant, ce qui lui as permis de continuer. Le parcours de Joanna est impressionnant. S'ensuit des nominations aux oscars et d'autres prix, notamment pour son dernier, Dreams and Desire – Family Ties. On y retrouve son personnage favori, une grosse Galloise prénommée Beryl, qui s’attache cette fois à accomplir son rêve de devenir cinéaste, avec, pour première réalisation, le film de mariage de son amie Mandy... Joanna Quinn travaille au crayon coloré et croque sans pudeur des personnages singuliers avec un humour délicieusement british.
Girls’ Night Out (1986, 5min)
Le film

Body beautiful (1990, 13min)

Wife of Bath (1998, 13min)

Britannia (1993, 5min)
Le film

Commercial compilation (1998-2008, 5min)
Un Charmin

Elles (1992, 3min)

Dreams and Desires - Family Ties (2006, 10min).
Le film

Parmi les films présentés se trouvaient notamment des films de commande très intéressant, comme Elles, qui fait parti d'un ensemble de films sur le cabaret et Toulouse-Lautrec. Joanna avait tout d'abord refusé de participer à ce projet car elle avait un autre film en cours, mais finalement elle accepta et le fit en 3 mois! En noir et blanc sans décors. Durant la fabrication elle changea sa façon de faire concernant l'animation des personnages, en observant le mouvement avant d'animer, et non en commençant par le dessin. Le résultat est saisissant! Et très joli... Britannia est également une commande de la Tv pour raconter en 5 minutes l'histoire de l'Empire Britannique... vu par un bull-dog! Là aussi il n'y a ni couleurs ni décors, pratique que Joanna affectionne et qui met en valeur son dessin et son trait rough. Elle envisage les travaux de commandes, non personnels, comme des challenges qui la pousse à faire des choses qu'elle n'aurait pas fait autrement, même si cela reste frustrant. De plus cela lui permet de vivre et de faire tourner sa boîte de production, Beryl Productions, notamment les publicités pour la marque WHISKAS ou pour le papier toilette CHARMIN (10 ans qu'elle travaille dessus!).

Après la projection ce fut la séance de questions/réponses. Nous avons appris que Béryl avait comme modèle sa mère, et que de nouvelles aventures étaient prévues avec elle, en cours d'écriture (Béryl réveille sa fibre artistique...). Le scénariste avec qui elle travaille était présent, et la discution fut intéressante. Ensuite les spectateurs pouvait s'approcher d'une table sur laquelle elle avait disposé des dessins et elle a volontiers parlé avec les étudiants présents, qui lui ont notamment demandé quels moyens elle utilisait pour dessiner, et sa réponse fut du crayon 2B et du 3B tout simplement... Elle a également dit qu'elle aimerait faire du long-métrage, mais que c'était beaucoup trop long! En tout cas se fut une rencontre très sympathique. Vivement la prochaine séance, qui se tiendra le Mardi 3 Mars à 19h avec un programme concocté par l'AFCA "Primeurs animés", dans lequel on pourra enfin voir le dernier Laudenbach :p

Et pour en savoir plus, le site de BERYL PRODUCTIONS

15 février 2009

Soirée Joanna Quinn - Partie1

Et je commence avec un coup de gueule envers le forum des images. Ces soirées consacrées à l'animation existent depuis longtemps et j'y ai assisté toute l'année dernière quand elles étaient au Mélies à Montreuil. Quand elles s'appuient sur un invité il y a généralement deux parties, les films qui l'ont inspiré puis ses oeuvres. A l'époque il s'agissait bien d'une seule séance, longue et riche, que l'on payait qu'une seule fois. Or, mardi soir, il a fallu payer deux tickets, un pour chacune de ces parties. Grrrrr... Sans tarifs réduits en plus. Bon je peux dire que j'en ai eu pour mon argent tant cela fut intéressant, mais quand même... Il faut penser à nous, pauvres étudiants pour qui 10E représentent une fortune!

La séance de 19h fut très dense et mériterait un focus sur chaque auteur présenté. Je mettrais le film en ligne quand c'est possible (mais avec une qualité net parfois très discutable...). Joanna Quinn s’est montré très agréable, dynamique, réactive, et la traductrice qui l’accompagnait était parfaite ! Cette première séance se consacra à une sélection de films l’ayant marquée, programmés en regard de ses propres films. Avant de lancer la projection des trois premiers court-métrages, elle nous expliqua qu’elle découvrit l’animation par hasard, au cours de ses études, et qu’elle pensa tout d’abord qu’il n’existait qu’elle et Disney dans le monde de l’animation... :)

Carnival de Susan Young (1985, 5min)


Rope Dance/Seiltänzer de Raimund Krumme (1986, 9min30)
Le film

Your Face de Bill Plympton (1987, 3min)
Le film

Ces trois films très graphiques et sans décors sont à mettre en parallèle avec ceux de Joanna, qui privilégie le dessin rough et caricatural. Elle fut séduite par le travail de Bill Plymton, dessinateur ET animateur tout comme elle, dont le trait, les effets d'exagération et l'humour font dire à certains que leur travail se ressemblent. Je ne connaissais pas Carnival, qui n'est malheureusement pas disponible sur la toile, mais je l'ai trouvé très beau, quoique un peu long. Idem pour Rope Dance qui constitue une vraie leçon de perspective mais qui finit par lasser quand on a compris le procédé. Enfin la salle a très bien réagi au Plymton qui fait toujours beaucoup rire, même quand on l'a déjà vu des dizaines de fois!

Nous découvrons ensuite un autre animateur britannique et brillant (décidément), Marc Baker, qui fait preuve d'un réel talent d'observation, dont le timing est parfait et qui aime jouer sur les tailles, élément mis en avant par Joanna qui use également de ces transformations. Le très beau Feet of song, qui repose sur le rythme et le jeu de couleurs, contraste avec le film suivant qui est un habitué des programmes Politiquement incorrect d'Annecy. A la première vision il peut surprendre. En effet c'est laid, mal dessiné, absurde... Mais c'est justement ce côté absurde et les dialogues très drôles que l'invité a retenu, et sûrement également cette liberté de ton que peu osent prendre. Ce film m'a fait penser à Tony, et c'est lui qui en parle le mieux ^^

Hill Farm de Mark Baker (1988, 18min)
Le film

Feet of Song d’Erica Russell (1989, 4min)
Le film

Who I Am and What I Want
de David Shrigley et Chris Sheperd (2005, 8min)

Le film

La fin de la séance fut composé de trois autres court-métrages + une surprise. Tout d'abord un Robert Breer, de l'animation expérimentale assez loin de ce que fait Joanna Quinn mais qui l'a beaucoup marqué.
Ce film entremêle des actions en prise de vue directe avec des images animées au moyen d'associations et de transformations très rapides. Une expérience intéressante en tant que spectateur car les repères habituels sont distendus et on se laisse porter par ces images improbables. Là encore il y a énormément de liberté et d'originalité, ce qui a plu à Joanna qui a fait un atelier avec le réalisateur (que l'on retrouve lors de la seconde séance) mais qui avoue être plus "conservatrice" que lui.

Ensuite un superbe film tchèque sur la communication (héhé), que j'avais déjà vu et qui est très ingénieux. Un film sur la communication mais sans paroles, alors que Joanna trouve ses films trop bavards. Ceci constitue donc selon elle une bonne leçon. Et puis Entre deux soeurs... Haaa quel plaisir de le revoir sur grand écran! Film d'animation avec une technique de grattage de pellicule 70mm teintée puis tournée sur banc-titre... Ici Joanna nous explique avoir dit à Caroline Leaf qu'elle la trouvait obsessionnel, avant que celle-ci ne réponde qu'elle trouvait également le travail de Joanna obsessionnel. C'est dingue de faire ce genre d'animation oui, mais c'est ça qui est bon XD. Enfin la surprise fut un Tex Avery, auteur qu'elle adooore et qui reprend là encore le jeu sur la taille des personnages, King Size Canary. J'avoue que voir des toons sur grand écran est assez jouissif ^^

Swiss Army Knife With Rats and Pigeons
de Robert Breer (1980, 6min30)

Le film

Reci, Reci, Reci de Michaela Pavlatova (1995, 8min)
Le film

Two Sisters de Caroline Leaf (1991, 10min30)
Le film

King size canary de Tex Avery
Le film

Nous avions 15 minutes avant la séance suivante et nous avons donc couru engloutir quelques hamburgers avant d'enchaîner, suite au prochain épisode!

Enveloppe HK

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13 février 2009

Il était une fois...

Albert Barillé est décédé Mercredi dernier 11 Février à l'âge de 88 ans. Connu pour être la papa des séries animés Il était une fois..., il a permis à des générations d'enfants d'apprendre en s'amusant, moi y compris, qui était persuadée étant petite que mes cellules bavardaient entre elles et que mes globules rouges étaient tous fatigués de porter l'oxygène sur leur dos... pas vous? :D
« Donner à nos enfants le désir de savoir, éveiller leur curiosité. Les traiter aussi en personnes à part entière, qui comprennent bien plus que ne le croient les adultes. Vous les fortifierez ainsi et ils vous en sauront gré. »

Albert Barillé avait auparavant produit, dans les années 70, la série d'animation Colargol avant de créer la grande saga "Il était une fois..." en 1978, qui compte sept séries distinctes, dont la dernière Il était une fois... Notre Terre venait d'être achevé et est actuellement diffusé sur Gulli. Sa société de production, Procidis, s'est toujours consacrée presque exclusivement à la production de ses séries dont le succès fut mondial.

Et pour le plaisir, voici les génériques de chacune des séries!

* 1978 : Il était une fois... l'Homme



* 1982 : Il était une fois... l'Espace


* 1986 : Il était une fois... la Vie


* 1991 : Il était une fois... les Amériques


* 1994 : Il était une fois... les Découvreurs


* 1997 : Il était une fois... les Explorateurs



* 2008 : Il était une fois... notre Terre

11 février 2009

Abstractions

J'ai commencé l'animation abstraite, et ça s'avère plus difficile que prévu, je me demande si je vais réussir à faire mes 1mn30.

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Dans 15 jours l'animation est enfin finie mouahahahHAHAhahaHAHAHAHAHAHAHA!!!
... et il faudra ensuite que je me mette sérieusement au compositing...

9 février 2009

Ca m'agace

 --- Lien image expiré ---

Graaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah et ce genre de critique à deux balles est diffusée dans un magazine gratuit parisien, lu donc par des milliers de gens... Faut-il maintenant regretter que certains journaux généralistes s'intéressent à des films d'animation? Je crois que je préférais encore quand ils n'en parlaient pas...

4 février 2009

Brendan et le secret de Kells

Hier c'était l'ouverture du festival Image par image avec l'avant-première de Brendan et le secret de Kells. J'avais un peu la flemme d'y aller mais comme Julien et Théo étaient partants nous avons donc passé la soirée à Saint Gratien. Après quelques déboires pour trouver la salle puis pour avoir nos places, nous avons pu écouter les divers discours habituels d'ouverture (blablabla conseil général blabla sponsors blabla merci merci) puis applaudir Tom Moore (réalisateur du film) et enfin nous plonger dans ce long-métrage irlando-franco-belge qui m'a agréablement surprise. A noter qu'il a été co-produit par les Armateurs (Kirikou, Les Triplettes...)

Cela commence avec une oie! Et Brendan à sa poursuite... L'histoire se déroule en Irlande au 9e siècle. Brendan, un apprenti moine de 12 ans, est élevé par son oncle, le sévère Abbé Cellach, au sein de l'abbaye de Kells. Cet établissement important abrite de nombreux moines copistes et enlumineurs. Brendan rêverait de devenir enlumineur à son tour. Malheureusement, l'Abbé Cellach est absorbé par d'autres préoccupations : face à la menace des Vikings, il consacre toute son énergie à fortifier la muraille autour de l'abbaye. Obsédé par sa tâche, il accueille d'assez mauvaise grâce Frère Aidan d'Iona, le plus fameux des enlumineurs, venu chercher refuge à Kells. Mais ce dernier découvre vite en Brendan des talents insoupçonnés. Il décide d'en faire son apprenti, en cachette de l'Abbé Cellach...

La première partie du film est assez lente. Brendan ne ressemble pas aux Shreck et autres films 3D dans le vent qui nous exposent en 5mn toute l'histoire, problématique, tenants, aboutissants, et qui nous laissent même souvent entrevoir la fin. Non, cela peut même paraitre surprenant quand on est habitué à autre chose. Je regardais ce très beau film défilé sous mes yeux et je me demandais où est-ce qu'il nous menait. Qu'est-ce que c'est agréable de ne pas être speed, de pouvoir suivre tranquillement l'action, de savourer l'animation! Car l'animation est belle, n'ayons pas peur des mots! Moi qui ne suis pas une fana de tradi 2D, j'ai admiré la technique à de nombreuses reprises durant la projection. Certains personnages comme le chat ou le groupe d'enlumineurs (ou encore les loups! haaaaaa...) sont intelligemment stylisés et vraiment jouissifs à regarder. Et puis il y a des passages graphiques très réussis. Les décors en applat, sans perspective, marchent bien et participent à la charte graphique de l'ensemble du film, basée sur l'enluminure. C'est rafraichissant tout ça! Un vrai bol d'air! L'univers est original, la musique de Bruno Coulais reprend les rythmes irlandais et colle parfaitement... Bon mais il y a tout de même des bêmols!
Attention, là je risque de spoiler un peu (heu pas qu'un peu, sauter jusqu'à la prochaine image si vous voulez ne pas trop en apprendre sur l'histoire)...

Voilà que nous étions dans une histoire avec un rythme particulier, et que tout d'un coup cela change. Brendan va affronter la peur... Et son combat, très joli, dure moins de 5 mn! Hop il réussit. Et tout s'enchaîne. Hop hop je deviens un super enlumineur, hop attaque viking, vlan vlan (passages sanglants, pas vraiment pour les jeunes enfants), hop je réussis à m'en tirer sain et sauf avec le maitre, je voyage, je finis le super livre, je reviens le montrer à mon oncle... FIN Surprenant! La fin en tant que telle est bien dans la continuité du film, Brendan n'est pas là pour tuer les méchants et sauver le monde mais pour finir le livre et transmettre la lumière de la culture dans ces temps archaïques. Mais le rythme! Ce changement de rythme... m'a complètement sorti du film. Dommage. Autres petites choses, la 3D est quelquefois mal intégrée avec le reste et les passages de split screen et autres changements de formats pour rappeler là encore les livres enluminés sont trop peu nombreux et font donc assez gadgets quand ils apparaissent (même si j'en apprécie certains comme celui de la montée dans l'arbre).

Après le générique le réalisateur est revenu sur scène avec une interprète et ce fut la séance de questions. Nous avons ainsi appris que le film a mis 8 ans à aboutir, que le livre de Kells existe réellement et que l'on peut encore le voir aujourd'hui. En même temps, Yves montrait un making-of très instructif avec des parties de l'animatique mises en parallèle avec le film. Ensuite ce fut le cocktail (miam!) et enfin le retour sur Paris! D'ailleurs je rappelle aux parisiens que Mardi soir prochain c'est la séance animée du forum des images, sur Joanna Quinn.

La plupart des réponses de Tom Moore sont très bien synthétisés dans ce petit reportage, notamment la part de réel dans le film lié au mythe autour du livre de Kells. Pour en savoir plus vous pouvez également suivre le blog de Tom sur le film.

SORTIE NATIONALE LE 11 FEVRIER!

Cadavre exquis 1

Toujours à la recherche de façons amusantes de croquer les voyageurs du métro (seul endroit où j'ai le temps de remplir des carnets), je me suis rappelée la suggestion de Rémy de faire des cadavres exquis, c'est à dire prendre plusieurs parties de corps différentes et les assembler. Voici donc un premier essai, c'est plutôt amusant à faire et cela évite de fixer trop longtemps une seule personne, qui, quand elle s'aperçoit qu'on la dessine, éprouve souvent de l'agressivité à votre égard (ou pire va vouloir voir ce que vous êtes en train de dessiner, si c'est ressemblant, ce que vous faites dans la vie, ha oui mon fils aussi aimerait faire du dessin animé, haaa au secours!!! Faites moi part de vos expériences lol)